LA CRISE DE 1929

           Tout d’abord, il faut comprendre ce qu’a été la situation économique en Europe, au lendemain de la 1 ère guerre mondiale. Dans un deuxième temps, qu’elles ont été les causes immédiates de cette crise et son déroulement. Puis, qu’elles ont été les remèdes apportés à cette crise et les conséquences sociales.

           Pendant la 1er guerre mondiale, les puissances belligérantes, c’est-à-dire : les français, les britanniques, les allemands ont dû orienter toute leur production, industrielle en particulier, vers la guerre. Il ne s’agissait plus, comme c’était le cas avant la guerre, de faire des bénéfices mais plutôt de répondre aux besoins de l’armée et d’une économie de guerre. Par conséquent, les pays qui ne participaient pas à la guerre, ont occupé les marchés qui étaient occupés par les belligérants avant la guerre. Et parmi ces pays ont trouve bien entendu les Etats-Unis, qui n’entre en guerre qu’en avril 1917. Après la guerre, aux alentours de 1920 – 1921, on assiste à une crise relativement importante qui sera rapidement jugulée. Après 1921, les parties qui s’étaient battus, se retrouvent en concurrence sur les marchés économiques avec les pays qui ne s’étaient pas battus. On va assister relativement rapidement à une saturation des marchés, la règle élémentaire de la science économique étant : plus un bien est rare, plus il est cher et plus il est abondant, plus il est bon marché. L’offre et la demande des biens, régis l’organisation des marchés. Au lendemain de la guerre, c’est le modèle Américain qui va progressivement s’imposer. Les Etats-Unis connaissent un système économique basé sur la consommation de masse qui suppose donc une production de masse. Cette production de masse est possible par l’existence de grands Trust. Un Trust est en fait une organisation d’une Société qui parvient à absorber toute une série de petites Sociétés, de petites entreprises et qui peut ainsi contrôler le marché en monopolisant tout le circuit de manière verticale, depuis la production jusqu’à la distribution. L’exemple le plus célèbre de ces Trusts est Rockefeller qui produisait le pétrole et en avait le monopole dans certains États aux Etats-Unis, il transformait le pétrole, il le raffinait en particulier et enfin, il le distribuait, grâce à son monopole dans toute une série d’États également. Autrement dit, il avait le monopole des stations d’essence. A côté de ces Trusts, il y a également de très grosses Sociétés qui se mettent en place, tel ce que l’on a appelé le « Fordisme ». Qu’est-ce que le « Fordisme » : c’est un système mis au point par Henry Ford, dans ses usines automobiles, qui consistait à diviser le travail au maximum au point que les ouvriers n’avaient qu’une seule tâche à accomplir à un moment donné sur les chaînes de production d’automobile. Dans ce système, l’ouvrier ne doit plus penser à rien sinon à la séquence précise de la production à laquelle il est affecté. Ce qui conduit à une aliénation totale de l’ouvrier par rapport à son travail. C’est le système capitaliste poussé à outrance. Les entreprises qui se développent à cette époque aux Etats-Unis, sont, entre autres, les industries automobile, Ford et Général Motors. Dans le domaine de la chimie nous avons également Dupont Nemours qui à l’origine est un nom Français mais est devenue une entreprise Américaine. Ce système va être exporté sur le plan Européen et nous aurons des entreprises organisées sur ce même modèle. Tout cela se produit entre 1921 et 1926 qui est une période de très grande prospérité. Production massive écoulée grâce à une consommation de masse. C’est aussi l’époque de la publicité à grande échelle que l’on appelait avant « Réclame ». On pousse les gens à consommer afin d’écouler les produits fabriqués en masse. Cette prospérité a ses limites. Prenons le cas de l’Angleterre qui est la plus vieille nation industrielle qui remonte au XVIIIème siècle. En effet, c’est dans le dernier quart du XVIIéme siècle que l’on peut vraiment parler de « décollage » de la révolution industrielle avec l’invention de la machine à vapeur par un Anglais. A l’époque qui nous intéresse, c’est-à-dire l’après première guerre mondiale, l’Angleterre commence à être à bout de souffle. Son appareil industriel, ses usines, commencent à vieillir. Sa technologie également, l’innovation vient surtout des Etats-Unis. Le royaume unis produisait beaucoup de charbon. Hors, le charbon dans les années 20, commence à être concurrencé par le pétrole et l’électricité et n’est donc plus la source d’énergie majeure. La production du charbon en Grande Bretagne coûte de plus en plus cher par rapport aux bénéfices que l’on peut en faire. Le Royaume Uni ne parvient plus à exporter son charbon. De plus, la livre Sterling est surévaluée et quand une monnaie est trop évaluée par rapport aux autres, il y a des difficultés pour exporter ses produits vers les autres pays. On s’approche donc tout doucement de la fameuse grande crise de 1929.

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          Cette crise éclate comme une bombe le fameux jeudi noir, le 24 octobre 1929. Les Etats-Unis étaient devenus le leader, déjà à l’époque, de l’économie mondiale. Ils avaient connus une production constante depuis le XIXème siècle alors que le royaume uni connaissait déjà la crise et que l’Allemagne, qui fût une grande puissance industrielle, avait connu la guerre et s’était affaiblie. Le 24 octobre 1929, beaucoup de détenteurs d’actions, et cela va durer encore trois semaines, décident de vendre leurs titres. Cette vente massive d’actions va entraîner un véritable vent de panique et pendant les trois semaines qui vont venir, la situation va devenir dramatique. A wall street, les valeurs s’effondrent. A cette époque, beaucoup de gens avaient acheté des actions dans diverses entreprises et certains même les avaient acheté à crédit, car l’économie jusqu’alors, se portait bien. Tous ces gens qui avaient acheté des actions à crédit se sont retrouvés avec des remboursements qui eux n’ont pas bougé et des actions qui avaient chuté de valeurs. Pendant trois semaines, les actionnaires vont vendre énormément, les actions vont chuter. Les banques qui avaient placé les dépôts que les épargnants avaient fait, vont voir leurs actifs diminuer. Les clients vont donc retirer leur épargne mais les banques à un moment donné, ne peuvent plus rembourser les épargnants. Certaines banques vont faire faillite et fermer. Il va donc y avoir une concentration des activités bancaires répartit entre seulement quelques grosses banques, celles qui avaient les liquidités nécessaire pour pallier à cette crise. En effet, à cette époque il y avait des dizaines de milliers de petites banques aux Etats-Unis, certaines n’avaient qu’une seule agence. La plupart d’entre elles ont fait faillite ou on été absorbées par des grosses banques. Beaucoup de grosses banques Américaines, dans les années vingt, avaient placé beaucoup d’argent en Europe, notamment à des banques allemandes et autrichiennes, ce qui avait permis à l’économie de redémarrer après la guerre. A partir du moment où les banques Américaines doivent faire face aux retraits de leurs clients Américains suite au crac de Wall street, elles vont récupérer et retirer leurs fonds dans les banques Allemandes et Autrichiennes. Ce qui entraînera une faillite des Banques Allemandes et Autrichienne en particulier. La France était beaucoup moins touché par ce phénomène. Le système bancaire capitaliste vit aussi des prêts interbancaire. A partir du moment où les taux d’intérêt sont trop élevés, il y a de moins en moins d’entreprises qui vont emprunter de l’argent. Dans une économie « malade », où il y a peu de perspectives d’avenir de faire des bénéfices, les banques ne vont pas prêter à un taux d’intérêt avantageux à cause de la prise de risque, c’est-à-dire que l’entreprise par exemple, fasse faillite. Elles vont donc hésiter à prêter de l’argent aux entreprises. A partir du moment où le circuit des consommateurs se réduit parce que la production, qui avait été très importante à partir du début des années 20, doit être stockée parce qu’il n’y a plus assez de gens qui achètent, les prix vont devoir baisser pour pouvoir écouler la production. Si les prix baissent : soit on diminue les salaires, soit on licencie du personnel, mais en tout état de cause, il y a des conséquences sociales. Du nombre grandissant des chômeurs, il en résulte une baisse de la consommation (restriction sur tout ce qui n’est pas nécessaire ou vital). On a donc vu, à cette époque, des files entières de gens sans emploi et de pauvre faire la queue à des soupes populaires distribuées dans la rue. Il y a, dans cette période, 13 millions de chômeurs au Etats-Unis. Ce qui suit, est en quelque sorte une réaction en chaîne car plus il y a de chômeurs moins il y a de consommation et les entreprises ferment les unes après les autres faute de pouvoir écouler leurs marchandises. On se trouve donc au creux de la vague, cela se situe en 1932, d’après les statistiques et les courbes de la crise économique. Il s’agit donc, après, de remonter la pente et c’est la troisième partie qui consiste à étudier les remèdes utilisés pour refaire partir la machine.

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Il y a eu cinq remèdes qui ont été adoptés. Le premier, le plus connu, a été mis en place par le nouveau président, Franklin Roosevelt, et s’appel le « new deal » qui signifie en gros, « la nouvelle donne ». C’est une espèce de redistribution des cartes pour que tout le monde ait de nouveau sa chance. L’État, pour réamorcer la pompe, passe des commandes au secteur privé, c’est-à-dire aux entreprises privées. Cela a pris différentes formes et notamment le projet de Tennessee Valley où a été construit un grand barrage dans le but de produire de l’électricité. Ce qui nécessitait de déboiser des forêts , aménager des routes, des voies de chemins de fer, en passant par des entreprises privées qui ont dû pour cela engager des employés. Ce qui signifie que ces nouveaux travailleurs vont redevenir des consommateurs qui eux-mêmes vont faire travailler le circuit commercial et industriel et grâce à leurs revenus, ces travailleurs vont pouvoir de nouveau payer des impôts qui rentreront dans les caisses de l’État. C’est donc un système de vases communiquant.

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Le deuxième remède apporté a été la dévaluation de la monnaie. Dévaluer sa monnaie est, par définition, lui faire perdre de sa valeur par rapport aux autres monnaies. En faisant cela, les produits deviennent plus compétitifs sur le marché international par rapport aux autres. Les autre, en achetant ces produits vont les acheter dans une monnaie dévaluée et vont donc les payer moins chers. C’est d’abord la Livre Sterling qui a été dévaluée en 1932 et en 1934, Roosevelt a fait la même chose pour le dollar. La France le fera beaucoup plus tard, ce qui explique le retard pour résoudre la crise en France à cette époque. Mais la France possédait une industrie et une économie qui ne fonctionnait pas exactement pareil que le système Américain.

Le troisième remède a été la taxe à l’importation, ce qui freinait la consommation des produits extérieurs. Le quatrième remède a été la destruction des stocks. Pour maintenir les cours à la Bourse, ont a détruit des stocks entiers. Cela a donné lieu à des absurdités comme par exemple au Brésil, qui produisait énormément de café, pour que le prix du café ne baisse pas, on s’est servi du café pour faire fonctionner les locomotive qui étaient à vapeur, c’est-à-dire que l’on a brûlé du café pour les faire marcher. Dans le livre, les raisins de la colère, on fait état d’orange dans les orangeraies, que l’on fait brûler pour maintenir les cours alors qu’il y avait des tas de pauvres dans le pays. Cela a été pratiqué pour des tas d’autres produits aussi.

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Cinquième remède enfin, l’autarcie, c’est-à-dire, ne pas importer les produits dont on a besoin pour ne pas être dépendant de l’étranger. Cela a été le cas de l’Allemagne et de l’Italie. Cela conduit à ce que l’on appel les produits de substitution. Pour exemple, les Allemands ont utilisé du colza comme produit de substitution à l’essence, comme carburant pendant la guerre. Les conséquences sociales sont qu’à partir de 1934, aux Etats-Unis, le chômage tend à se résorber. Et ne nous voilons pas la face pour dire que la 2nd guerre mondiale a été pour les Etats-Unis, un moyen, notamment dans la sidérurgie de se refaire une santé. Ça lui a donné la suprématie dans le domaine industriel, le leadership. Quand à la France, elle ne retrouvera son niveau d’avant la crise, seulement à la veille de la deuxième guerre mondiale. En Allemagne, où il y avait eu 6 millions de chômeurs en 1932, il n’y en a plus en 1934 mais pas pour les mêmes raisons qu’aux Etats-Unis car Hitler a embarqué au travail forcé la plupart d’entre eux dans des usines d’armement. Les salaires ayant été bloqués alors que les dividendes augmentaient, la différence passait dans la poche des grands groupes comme Krupp, Siemens etc.…de connivence avec le gouvernement d’Hitler. Les années 30 vont être la période de la montée des périls, de tous les dangers possibles puisque les régimes totalitaires se sont installés grâce à la crise et à cette manne de chômeurs qui ont souvent voté pour eux.

Les ouvrages maintenant, traitant de ce sujet et de cette période. Initiation au vocabulaire et aux mécanismes économiques contemporains 19e 20e siècle de Jean bouvier. Chez Albin Michel dans la collection « l’évolution de l’humanité » les deux révolutions industrielles de 20e siècle par François Caron. Histoire des Etats-Unis de Denise Artaud et entré Kaspi. Une histoire populaire des Etats-Unis d’Howard Zinn qui prend l’histoire a contre-pied et étudie plutôt l’histoire des « Maudits » c’est-à-dire des minorités. L’histoire des Etats-Unis au Xxème siècle de Claude Fohlen. Biographie de Franklin Roosevelt d’André Kaspi. De jacques Néré, la crise de 1929. Jean Heffer, la grande Dépression. Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, de Keynes. Pour les romans : Un p’tit gars de Géorgie de Erskine Caldwell. Gatsby le magnifique, de F. Scott Fitzgerald. Le bruit et la fureur. Les raisins de la colère.

Quelle que soit l’époque, les premières victimes des crises restent les classes populaires. Et le plus souvent, médias ou responsables s’expriment en leur nom, peu soucieux qu’ils sont de leur laisser la parole. C’est que l’entreprise demande du temps et de l’écoute.
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